dimanche 31 juillet 2011

Jour de neige

Lundi dernier, c'était jour de neige! En effet, nous avions eu le bonheur de voir les premières chutes dominicales sur Dunedin, et la sagesse qui nous caractérise habituellement avait déjà laissé place à l’infantilisme des batailles de boules de neige. Ça n'a peut être de rien comme ça, mais il ne neige apparemment qu'une fois par an sur la ville et tous les kiwis avaient des airs de gosses laissés chez Toys'r'us avec pour seule mission le choix d'un jouet.

Ainsi, c'est avec émerveillement que je constatais la très fine pellicule de poudre blanche dans la cour du complexe. Alors que je me préparais à aller en cours dans la bonne humeur que semblait véhiculer le kamikazisme floconnaire, ma colocataire me conseilla de vérifier sur le site internet de l'université que les cours étaient bien assurés. Il était en effet plus que probable, selon elle, que les deux pauvres cm qui décoloraient l'agglomération aient un impact sur la circulation et conséquemment sur la venue de mes professeurs.
Quelle ne fût pas ma surprise lorsque je constatais que non seulement mes cours étaient supprimés, mais que certains de mes petits camarades étaient également dispensé de travail (au bureau).

Moi qui pensait que la France était mal organisée...

Anecdotes diverses

Voici une compilation de faits et d'anecdotes qui ne suffisent pas à construire un article, mais qui peuvent néanmoins être intéressantes pour votre culture du pays:

- La mascotte du pays est le kiwi. Pas le petit, vert et poilu, mais un oiseau de la taille d'un poulet à peu près. Il s'agit de l'oiseau dont l'oeuf a le plus gros ratio taille/taille de l'oiseau, autant vous dire que vous préféreriez ne pas être réincarné en femelle kiwi. Il ne peut être trouvé qu'en Nouvelle-Zélande et sa relation avec le pays est si forte qu'il est fréquent d'utiliser son nom pour désigner un néo-zélandais. Heureusement qu'on fait pas pareil avec les parisiens et les pigeons...


- Les kiwis (les habitants, pas l'oiseau) conduisent à gauche et ont le volant à droite. Il faut donc faire trèèès attention en traversant, et attendre un bon mois avant de commencer à conduire. J'ai moi-même failli être l'objet à plusieurs reprises d'un "choc culturel".


- Un classique mais toujours efficace... Il y a plus de moutons que d'habitants, beaucoup plus! Selon les derniers chiffres, les îles compteraient environ 8 têtes de bétail par personne. C'est en fait beaucoup moins impressionnant que ça ne l'était: en 1982, ce chiffre était de 22 moutons/hab. Cette baisse spectaculaire est attribuée à une hausse démographique substantielle ainsi qu'à d'inhabituelles périodes de sécheresse. Hâte de voir les campagne de prévention canicule du pays!

D'autres articles de ce style viendront ponctuer le séjour, ne soyez pas impatients comme ça!

vendredi 22 juillet 2011

Mon premier match des All blacks

A un mois et demi de la coupe du monde du rugby, l'équipe nationale Néo-Zélandaise (les All Blacks pour les quelques uns qui vivent dans des grottes) accueillait l'équipe des Iles Fidji pour un match pacifique dans le stade de Dunedin. Je ne pouvais évidemment pas manquer ça, on est bien d'accord! Et si vous me haïssez maintenant (ce que je comprends tout à fait, entendons nous bien) dites vous que vous auriez certainement fait pareil à ma place.

La moitié des étudiants du complexe se sont déplacés pour assister à cette rencontre, qui sera certainement notre seule chance d'admirer les Blacks, les matchs de la coupe du monde se jouant bien évidemment à guichet fermé. L'excitation était à son comble dans la résidence et tous revêtions les non-couleurs des All-Blacks, ce qui rendit d'ailleurs le départ nocturne collectif sensiblement plus difficile.


Le stade dans lequel nous nous rendions est en fait l'ancien stade, qui sera remplacé pour la coupe du monde par le Forsyth Barr Stadium dès le début de la coupe du monde. L'ensemble de notre communauté ayant un budget que nous qualifierons de restreint, nous choisîmes un placement debout, parmi les gens du peuple. Il faisait froid, mais la perspective du Haka réchauffait nos coeurs à demi-congelés.

L'attente fut brève, et déjà les membres des deux équipes faisaient leur rentrée sur la pelouse. Il faut bien que vous compreniez une chose: nous parlons d'êtres humains dont la corpulence dépasse largement l'entendement. Pour vous donner un point de comparaison valable... disons qu'on a plus de chances de survie allongé sur la voie du milieu d'une autoroute, de nuit, habillé tout en noir, qu'en se faisant taper le dos amicalement par un de ces colosses.


Après que les chanteurs aient achevés les hymnes nationaux des deux nations, les équipes prirent position pour le traditionnel Haka. Malheureusement je n'ai pu prendre qu'une vidéo pourrie, de très loin, et qui ne reflète pas du tout l'ambiance qui régnait dans le stade à ce moment là. Mais nous avons de la chance puisque la vidéo est sur youtube pour le match d'hier: http://www.youtube.com/watch?v=tFNE0CV7kMM Je vous invite à aller le voir, puisque les deux équipes ont exécuté leur danse coutumière, donnant immédiatement le ton de la rencontre.

Les All Blacks ont remporté le match par un écrasant 60-14, présageant ainsi une belle coupe du monde! Et moi je suis heureux d'avoir assisté à ça!

Voila comment on remonte le moral des
étudiants ici

jeudi 14 juillet 2011

Les colocs

Après deux semaines de vie commune et harmonieuse avec mes trois colocs, il est maintenant temps pour vous de les découvrir à travers ces petits portraits. Je précise que les traits de caractères reportés ici sont évidemment non exhaustifs, et vous invite donc à vous documenter davantage en les côtoyant si vous en avez l'occasion.
Les paragraphes seront organisés selon les règles de la courtoisie néo-zélandaise, histoire de faire d'une pierre deux coups: hommes - femmes - autres.

David:

Ce jeune homme d'une vingtaine d'année est originaire du New Jersey, USA. De nature curieuse pour les choses qui l'environne, il étudie la géologie entouré de camarades dont il ne comprends pas encore toutes les subtilités. Il nourrit un intérêt tout frais pour l'art agricole du banjo, et nous gratifie de quelques séances d'entraînement hebdomadaire qui entretiennent notre hilarité pendant ces froides journées d'hiver. Bon vivant, il apprécie les repas que tous avons cuisiné avec amour et ingrédients, et tente lui-même quelques expériences inédites dans le monde de la bienséance culinaire (cf gruyère râpé sur son lit de carottes et patates). Lui et Cath éliminent ensemble toutes les calories emmagasinées au cours de la journée.


Cath:

Compagne de fitness de David (qui avait imaginé autre chose ?!), elle est également native Étasunienne. Elle nourrit une passion pour les activités extérieures, telles que l'escalade, le trekking, ou encore la randonnée, et possède un physique que tous pourront attester athlétique. Elle est à l'origine de plusieurs records au sein de l'appartement, comme le nombre de jours sans se laver (24j) ou encore l'utilisation la plus parcimonieuse de déodorant, gagnant ainsi du surnom de "Mother Earth". Il est cependant important de noter que je n'ai personnellement jamais eu à déplorer de désagrément olfactif ou sensoriel quel qu'il soit, même si j'ai psychologiquement morflé. D'une humeur toujours enjouée, elle fait partie de la moitié végétarienne de la maisonnée avec Liz et est l'auteure de succulentes pâtisseries à la cannelle.


Liz:

Notre "Kiwi host" à tous, elle fut chargée par l'université de nous accueillir et de rester en charge de l'appartement pendant son occupation. Elle est moins présente à l'appartement que nous puisqu'elle a sa vie ici --> amis, famille, sport, étude et boulot, alors que la notre est encore en construction --> copains, sport, 1/2 étude. Elle pratique le hockey sur glace, la blague douteuse, et les soirées canapés. Elle est cool.


L'organisation de la vie en communauté s'établit lors des "flatmates meetings" qui peuvent être appelés par chacun d'entre nous. Les procès verbaux sont rédigés sur une feuille A4 passablement froissée, et dont le verso est une publicité pour les activités universitaires. Nous avons chacun un jour de la semaine pendant lequel nous sommes en charge du dîner.
Il est d'ailleurs cocasse de constater l'engouement général des personnes vivants dans le complexe (9 appartements de 4 étudiants chacuns) pour la cuisine française: la semaine dernière j'en ai impressionné une dizaine avec un gratin de potiron (rien de plus con à faire), et certains m'ont même demandé de leur apprendre les rudiments de la gastronomie hexagonale.
Je vais devenir une icône avec une quiche lorraine.

dimanche 10 juillet 2011

La rue la plus pentue du monde

Comme on n'a pas souvent l'occasion de constater un record du monde, laissez moi partager avec vous cet intense moment de satisfaction. Oui vous ne rêvez pas, et TF1 peut se rhabiller avec ses mecs qui tirent des camions avec les dents, car les kiwis ont la rue la plus pentue du monde!!!


On est d'accord, même présenté comme ça, ça reste assez naze... Mais comme nous ne sommes pas là pour ne partager que des choses intelligentes...!

Ca n'en a peut être pas l'air, mais c'est en fait assez impressionnant.

Première randonnée

Hier, mes colocataires et moi même sommes partis pour une randonnée sur l'une des collines des environs de Dunedin, où pointe majestueusement l'antenne TV du coin. C'était donc l'occasion de mettre mes toutes nouvelles chaussures de marche à l'épreuve, et de me régaler des paysages ensoleillés.


Nous partîmes bras dessus bras dessous en début d'après midi, bien décidés à lutter contre le blues qui accompagne généralement les dimanches de rentrée. Le ciel sans nuage nous accordait sa généreuse contribution pour cette promenade, la bonne humeur était dans nos coeur, et un gros paquet de biscuits prometteurs ballottait dans mon sac à dos.

Après trois quart d'heure de marche sur les trottoirs de la ville, nous parvînmes au début du sentier forestier qui marquait le commencement de l'aventure. Des conifères d'une taille plus que raisonnable longeaient le chemin, et l'odeur caractéristique de l'humidité sylvestre achevait de planter le décor.


La diversité de la végétation tout au long du parcours fût un des éléments les plus marquant de la traversée. D'une dense forêt de grands résineux, nous passâmes à une flore plus exotique dont les lianes semblaient réveiller en moi des instincts depuis longtemps enfouis. Résistant à l'envie de me mettre en slip pour appeler à moi tous les animaux de la jungle (qui se serait sans doute résumé à quelques piafs et un raton laveur), nous abordâmes d'étroits chemins bordés d'épais buissons pour enfin rallier le sommet.


La chaleur de l'effort qui nous préservait alors contre le froid de l'altitude se dissipa alors que nous entamâmes la pause gâteau-photo, et bien vite il nous fallu déclarer forfait contre une bonne brise décidée à nous les briser.


Nous redescendîmes par l'autre versant, beaucoup moins dépaysant, alors que le crépuscule menaçait déjà l'horizon. Après l'heure et demi de grimpette, nous étions partis pour deux heures de pente sévère dans l'obscurité. La journée se termina ainsi dans un râle asthénique condensant l'ensemble de nos douleurs musculaire, mais également par un délicieux gratin de potiron.


Phrase du jour: "I actually put deodorant this morning" (Cath après s'est reniflé l'aisselle à 400m du sommet)

vendredi 8 juillet 2011

On the train

En ce beau vendredi de Juillet (je rappelle qu'ici on se pèle les miches), l'université a convié tous les étudiants étrangers arrivés ce semestre, soit environ 400, à participer à une petite excursion en train, histoire de nous délecter de quelques paysages des environs de Dunedin. Les organisateurs n'avaient pas ménagés leurs efforts dans la promotion de l'évènement, puisqu'un barbecue géant (et gratuit) était prévu dès la sortie du train. On peut imaginer l'efficacité de l'opération sur une horde d'étudiant n'ayant pas vu de viande depuis deux bonnes semaines.

Gare de Dunedin

En effet, en entrant dans le somptueux bâtiment de la gare (voir photo), nous avons pu constater que les troupes de jeunes étrangers peuplaient déjà les couloirs de la station ferroviaire. Un train Old School ouvrait alors ses wagons pour accueillir l'ensemble des squatteurs.


Mes amis et moi-même furent bien inspirés en choisissant le wagon de queue qui offrait une charmante plateforme, propice aux flâneries photographiques. Il ne nous restait plus qu'à repaître nos pellicules et cartes mémoires des magnifiques paysages ensoleillés du parcours.



La traversée dura environ 2h, et nous pûmes nous régaler du copieux buffet dès notre retour en gare. L'université a par ailleurs fait un travail fantastique en parvenant à nourrir bien au-delà de nos attentes les 400 étudiants affamés, et ce pratiquement simultanément.


Nous avons profité du trajet du retour pour faire un saut à l'usine Cadbury (chocolat et joyeusetés) et remplir nos sacs de tablettes à des prix dérisoires. D'ailleurs je vous laisse, il faut que j'aille mettre mon foie à l'épreuve.

mercredi 6 juillet 2011

Premiers pas à l'Université

J'ai du me lever plus tôt que d'habitude ce matin pour ma première journée à l'université, avec comme objectif l'obtention de ma carte étudiant. Contrairement à l'apparente simplicité de l'intitulé, ma tâche s'avéra relativement ardue.

Carte étudiant: comme l'obtenir ?

- Etape préliminaire: la pré-approbation
L'étape consiste en une succession de va-et-viens entre l'université d'origine (Lyon 3 qui compte en fait 3 différents interlocuteurs), l'université d'accueil (Otago), et moi-même. Pour mieux comprendre la suite, il me parait important de préciser ici qu'aucun des cours que j'avais choisi n'a été validé au moment de mon départ, pour l'obscures raisons éclaircies aujourd'hui.

- 1ère étape: récupérer la fiche d'approbation des cours.
L'étape fastoche, qui permet de se mettre en confiance après un réveil difficile. Une petite file d'attente qui permet de faire connaissance avec les personnes périphériques.

The Clock Tower, point de repère sur le campus

- 2ème étape: récupérer tous les relevés de notes
Ce qui ne semblait être qu'une formalité s'est rapidement révélé être un calvaire dû à une panne de serveur informatique sur l'intranet de Lyon 3. Comme quoi, même à 18000km de distance... il faudra donc faire sans, et l'expliquer lors de toutes les étapes suivantes!

- 3ème étape: aller voir les responsables pédagogiques pour l'approbation de la sélection des cours.
Comme aucun de mes cours n'a été pré-approuvé (voir supra), les entrevues avec les responsables pédagogiques furent à mi-chemin entre négociation et entretien de motivation, afin de les convaincre que j'étais LA personne qu'ils devaient s'arracher pour espérer voir leur carrière aboutir quelque part (je plaisante, je plaisante, on se calme!). Les responsables à démarcher se nichaient évidemment à des endroits bien distincts du campus, certainement afin d'éliminer les candidats ne répondant pas aux critères cardio-vasculaires requis pour le périple.

De grandes étendues d'herbes parsèment
l'ensemble du campus, pour un rendu des plus apaisant.

Déjeuner pour reprendre des forces avant de retourner me confronter à la houle populaire.

4ème étape: rendre le papier d'approbation
Encadré par les responsables d'orientation (individus dont la vocation se résume à empêcher les étudiants étrangers d'aller se noyer par désespoir dans les quelques cours d'eau environnants), il me fallait suivre une rapide file d'attente, remettre mon précieux document à un gentil quidam, puis finaliser ma candidature assisté d'une charmante jeune kiwi.

5ème étape: aller retirer ma carte étudiante:
Enfin, après plus de 5h à errer dans la majorité des bâtiments du campus, me voilà devant l'antre des humains devant qui je devrai forcer mon dernier sourire! Après avoir capturé ma dégaine d’hippocampe pour l'immortaliser sur ma carte étudiante, ils me remirent l'objet de ma convoitise.

Au fond, the Central Library.
Au premier plan, des potesses.

6ème étape (facultative):
Aller narguer tous les autres homologues coincés dans leurs files d'attente, sur les 300m alentours.

Ces allers retours sur le campus m'auront également permis de prendre quelques photos des plus beaux bâtiments présents sur le campus, disséminés un peu partout dans l'article.

Voici, en très raccourci, le parcours de la journée

Je vais maintenant aller rejoindre pour la première fois ma toute nouvelle équipe de volley pour l'année à venir, les Scorpions.


vendredi 1 juillet 2011

Voyage voyage!

Il est peut être temps de vous toucher un mot sur ce fabuleux trajet Paris-Dunedin, qui restera très certainement le plus long de ma vie! Comme on ne fait pas 34h de déplacement toutes les semaines, ça vaut bien un petit article.

Tout a commencé un joli matin de Juin, dans la capitale française, alors que je finissais de plier bagage pour cette magnifique aventure à l'autre bout de la terre. Mon paternel tout embrumé faisait preuve d'un courage sans faille en m'amenant à la station de taxi pour me souhaiter bonne chance. Et de la chance il m'en fallu pour arriver à temps à l'aéroport, malgré l'avance prévue! Paris semblait alors vouloir me garder, envoyant ses meilleurs poids lourds encombrer un périphérique atrophié et une autoroute à deux voies. Il fallait néanmoins que Paname me laisse prendre l'avion et c'est à contrecœur qu'elle me laissait à la porte du glorieux Terminal 1 de Roissy Charles De Gaulle.

A mi-chemin entre le centre commercial de Bercy
et les centres autoroutiers américains.

Une fois à l'intérieur, une chaleureuse hôtesse m'accueillait déjà par un de ses "c'est pas ici" qui sentait l'entrainement. Après maintes recherches dans un aéroport qui fleurait bon la gigolette, je trouvais enfin l'embarcadère de mes fantasmes. Malheureusement, le poids de mes malles dépassait le maximum autorisé, et déjà la première épreuve pointait le bout de son nez. Mon bourreau, dans sa miséricorde m'offrait 9kg sur les 14kg d'excédent et m'annonçait un tarif (trop) loin de mes attentes. Après m'avoir confirmé qu'il ne s'agissait pas de francs, la vile employée me soustrayait donc de mes dernières économies avant même que ne commence le périple. Une alerte à la bombe plus tard, j'embarquais dans l'A380 direction Singapour.

Il est énorme quand on le voit en vrai...

Paris - Singapour : 12h40 avec un super équipage et des hôtesses toutes plus jolies les unes que les autres.

Correspondance à l'aéroport de Singapour, de magnifiques bâtiments où les arbres exotiques accueillent le voyageur en transit. Mais les 62min passées sur place ne me laissaient malheureusement pas le loisir d'en profiter davantage. Il me fallait déjà embarquer pour la Nouvelle-Zélande, cette fois en Boeing 777.

Singapour - Auckland : 9h40 avec un équipage adorable, mais coincé entre un austère/obèse néo-zélandais et un chétif mais sympathique indien.

Correspondance à l'aéroport d'Auckland, après n'avoir que très peu dormi durant les deux vols. Dormir en avion, c'est comme passer sa nuit en prison: on peut essayer de fermer l'oeil mais on est pratiquement sûr d'avoir mal au réveil. Mais là, 8h m'attendaient pour me permettre de me ressourcer sur l'une des nombreuses banquettes de l'endroit --> supertramp style! Je ne pus évidemment dormir qu'1h30, stressé par l'idée que quelqu'un se barre avec mon chariot chargé de valises. J'en profitais donc pour rédiger les premiers articles du blog, et à peine 5h plus tard il était déjà l'heure de l'embarquement. Après m'avoir allégé de mes dernières économies (parce que vous comprenez, ce n'était pas la même compagnie...), je volais alors vers ma destination finale: Dunedin!

Auckland -Dunedin : 1h55 avec un équipage kiwi, et des collations définitivement plus frugales que sur les précédents vols.

Arrivé à Dunedin à 9h10 heure locale, Phil venait me chercher à l'aéroport pour me conduire en centre ville et me faire visiter son territoire. Il a été tellement génial qu'il aura droit à son article.

Devinez lequel c'est?!

Mais il se fait tard (18h35), il est temps pour moi de décoller avant de m'endormir!

Jet Lag

Il est maintenant 5:52 du matin, et je suis réveillé depuis environ deux heures mais impossible de fermer l'oeil! Je pense donc que l'instant est bien choisi pour vous parler du décalage horaire entre la France et la Nouvelle-Zélande.

Il y a actuellement 10h de décalage puisque la France est en heure d'été, mais à partir d'Octobre nous passerons à 11h. Pas que ça change grand chose aux relations Skype, notez bien... Ce sera toujours un enfer pour se chopper sur un créneau commun, et la plupart du temps, un des interlocuteurs sera dans un état d’ébriété avancé (pour tous les lecteurs de la branche familiale, je crois bon de spécifier que ce ne sera pas moi).

Alors que je pensais m'adapter au décalage horaire en un rien de temps, je me suis vite aperçu que ... bin non en fait. Ma vie pendant les premiers jours à Dunedin se résume à un combat épique contre Morphée. Les pronostics étant vite fait, je tiens néanmoins à préciser que le premier jour fut le théâtre d'une joute homérique, et que cette salope ne parvint à me terrasser que vers 20h. N'ayant que très peu dormi dans l'avion et dans l'aéroport, j'ai donc été sujet à de nouvelles sensations liées au manque de sommeil, comme l'impression étrange d'être projeté à 5m de son corps durant un dialogue et de s'entendre soi-même communiquer avec des mots qui n'auraient normalement rien à faire dans la discussion.

Le deuxième jour, il me fut bien plus difficile de résister en l'absence d'interaction sociale dans ma nouvelle résidence. Couché à 17h30 pour un réveil en pantalon et chemise vers 3h42 ce matin.

J'attends ce soir avec impatience!


Le stress pré-traumatique

A chaque fois qu’on m’a posé la question dans ces 3 derniers mois « ça te fais peur de partir ? », j’ai répondu inlassablement et sincèrement « nan ». Si toutefois j’ai répondu oui à quelqu’une, il s’agissait d’un stratagème bien huilé destiné à attirer la sympathie de ladite victime.

Les seuls facteurs qui puissent me faire peur dans un voyage comme celui là, ce sont ceux lié à la crainte d’être dans un environnement totalement nouveau, et surtout de n’être pas en mesure de communiquer avec les autochtones qui pourraient m’orienter. Or depuis l’année passée en Islande, la perspective d’un environnement nouveau m’attire bien plus qu’elle ne m’effraie, et ma capacité à communiquer en Anglais s’est très nettement améliorée.

En revanche, si le voyage et l’année qui se préparent ne me rendent pas anxieux, les préparatifs oui ! Qui n’a pas eu peur de se pointer à l’aéroport tout pimpant, mais d’oublier son passeport sur la table sur laquelle on l’avait « justement mis là pour ne pas l’oublier ». J’ai tout essayé : les to do lists pour être sur de ne rien oublier, laisser à sa colocataire (et meilleure amie) préférée l’ensemble de ses papiers importants au cas où, rien n’y fait, j’ai toujours l’impression d’avoir oublié de faire quelque chose ! Même là, au milieu de l’aéroport d’Auckland, je suis pas vraiment tranquille…

Le Visa : 4j pour le faire, tranquille!

Cela fait donc trois mois environ que je fais des rêves pourris, qui font état d’une psychologie d’un équilibre discutable ainsi que d’une grande créativité en matière de sabordage. Ceux-ci se classent en trois catégories :

  • L’oubli d’objets-clefs : le classique mais toujours efficace, il met en scène des oublis de passeport, billets, valises, mais également de prénoms, ou de réponses à des questions telles que le numéro de sécu de papi à l’envers (question posée en caisse d’un Duty Free et qui m’a empêché de sortir du magasin pour prendre mon avion).
  • L’accélération soudaine du temps : un peu moins commun mais tout aussi probant, il plonge le protagoniste dans des situations inextricables à cause d’une accélération aussi soudaine qu’inexplicable du temps. Ex : organisation de la fête de départ 3j avant de prendre l’avion, mais qui se termine à deux heures du départ. Il ne reste alors plus de choix au héros, sinon de prendre la seule valise disponible, à savoir une valise remplie de livres qui étaient destinés au déménagement à plus de 20kg en soute, et la création du premier caleçon Tolkien.
  • Mauvaise coordination sur place : spécifiques aux cauchemars de départ, il s’agit d’un pense bête simple mais qui a prouvé sa valeur. Il laisse le protagoniste arriver à bon port sans encombre pour le laisser s’apercevoir sur place qu’il n’a pas de logement/bagage/bon sens.

En espérant que l’arrivée effective sur le territoire Néo-Zélandais me permette de passer des nuits plus paisibles.

A l'aube du départ

Ca y est, maintenant c’est du concret et je suis reparti pour l’aventure. Un peu plus loin par contre, à 18870km selon les estimations internet soit environ six fois plus qu’entre la France et l’Islande. Mais qu’importe la distance puisqu’à part le prix du billet d’avion (environ le coût d’une greffe pour un troisième testicule) et le temps de trajet porte à porte, je ne pense pas que ça ait beaucoup d’influence sur le déroulement de cette année d’échange.

Mais justement, si la distance importe peu, pourquoi partir si loin ? Plusieurs hypothèses ont été énoncées, allant d’un maternel « tu nous aimes plus hein c’est ça ?! » à un psychanalyste « je pense que tu essaies de fuir quelque chose… ». Eh bien non, je ne fuis rien et j’aime toujours tout le monde. Seulement si on y réfléchit, il s’agit de ma dernière année d’étude, et donc très certainement d’une des dernières opportunités que j’ai de passer un an entier à l’étranger. D’autre part, pour aller à Dunedin, il faut compter 34h d’avion avec les escales, autant vous dire que je reviendrai pas pour le weekend ! J’ai donc voulu profiter de cette année de Master 2 pour choisir une destination qui me fait rêver depuis longtemps et que je n’aurai peut être par l’occasion de visiter plus tard.


Dunedin c'est tout en bas

Dunedin (prononcez Deuh-ni-deuhn) sera donc ma nouvelle terre d’accueil pour toute cette année universitaire, et peut être même plus. Il s’agit de la ville la plus septentrionale de la Nouvelle-Zélande, si l’on excepte quelques bourgades non visibles sur une carte des chiottes lambda, et même du monde puisque seule la pointe sud de l’Amérique du … Sud se trouve plus au sud que le sud de la Nouvelle-Zélande. J’écrirai un article sur Dunedin une fois que j’aurais un peu vécu là bas.

Pour achever cette brève introduction, il me semblait important de préciser que si ce n’est pas à cause de mon entourage que je pars si loin, c’est en revanche grâce à eux (c’est beau ce que j’écris…). C’est facile pour moi de partir un an à perpet’, si je sais qu’en rentrant je retrouverai des personnes que j’ai évidemment côtoyées en étant en France, et qui me supportent dans mes projets. Je vous remercie donc du fond de mon petit cœur, et souhaite que vous ayez autant de plaisir à lire cette page de la blogosphère que j’en aurais à l’écrire.